


Située en Seine-Maritime, au sein de l’arrondissement de Dieppe et du canton de Saint-Valery-en-Caux, la charmante petite commune de Bourville abrite une histoire intiment liée à l’un des plus grands visages du cinéma français. En vous promenant près de l’école du village, vous pourrez d’ailleurs admirer une magnifique fresque rendant hommage à l’enfant du pays : André Raimbourg, plus connu sous le nom de Bourvil.

Les premiers pas d’un géant de l’humour
Né le 27 juillet 1917 dans la ferme familiale de Prétot-Vicquemare, le jeune André ne connaîtra malheureusement jamais son père, emporté par la Grande Guerre en 1918. À la suite de ce drame, sa mère décide de s’installer à Bourville, un village voisin distant de seulement quelques kilomètres. C’est dans ce décor normand qu’il passera une grande partie de sa jeunesse et y puisera ses racines.

De la Normandie aux scènes parisiennes
En mars 1937, le destin d’André bascule lorsqu’il s’engage dans l’armée. Il rejoint Paris au sein de la fanfare du 24e régiment d’infanterie. C’est à cette période qu’il commence à se produire avec succès dans de nombreux radio-crochets. Il choisit alors le pseudonyme d’Andrel, un clin d’œil admiratif à son idole de l’époque, Fernandel.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est envoyé au front en tant que brancardier, avant d’être affecté à Pau jusqu’à sa démobilisation. De retour dans la capitale, il décide de changer définitivement de nom de scène et choisit Bourvil, en hommage à ce village normand qui l’a vu grandir. En 1943, il épouse l’amour de sa vie, Jeanne Lefrique, elle aussi originaire du pays de Caux. De leur union naîtront deux fils : Dominique et Philippe.

Une carrière monumentale
La consécration commence dès 1945. L’animateur Jean-Jacques Vital fait de Bourvil une véritable vedette de la radio grâce à l’émission culte « Pêle-Mêle ». La même année, le public le découvre sur grand écran dans « La Ferme du pendu » de Jacques Dréville.
C’est le point de départ d’une immense carrière cinématographique qui comptera plus de 53 films. En 1956, sa prestation mémorable dans « La Traversée de Paris » lui vaut le prestigieux Prix d’interprétation masculine à la Biennale du cinéma de Venise, ainsi qu’une Victoire du cinéma français. Acteur complet, il enchaînera les succès dramatiques et comiques jusqu’à ses deux derniers chefs-d’œuvre en 1970 : « Le Mur de l’Atlantique » et « Le Cercle rouge ».
Parallèlement au septième art, Bourvil mène une brillante carrière musicale. Artiste polyvalent, il laisse derrière lui un répertoire exceptionnel de 8 opérettes et plus de 300 chansons (dont les inoubliables Salade de fruits ou La Tendresse).
Bourvil nous a quittés prématurément le 23 septembre 1970 à l’âge de 53 ans. Il repose aujourd’hui au cimetière de Montainville, dans les Yvelines, laissant derrière lui le souvenir impérissable d’un artiste au grand cœur et au talent immense.








